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	<title>écriture créative &#8211; Ateliers d&#039;écriture en Bretagne</title>
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		<title>Marins dans les étoiles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Margaux Rollin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 12:36:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Textes des ateliers]]></category>
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					<description><![CDATA[Texte par une participante anonyme. Un périple entre père et fils, où se mêlent beauté et mélancolie. Avec les étoiles pour seules guides&#8230; Un texte plein d&#8217;émotions, qui serre le coeur autant qu&#8217;il redonne espoir. « Es-tu quelque part là-haut ? » La question lui brûlait les lèvres. Le marin les pinça plus fort, préférant&#8230;&#160;<a href="https://ecrire-ensemble.fr/marins-dans-les-etoiles/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Marins dans les étoiles</span></a>]]></description>
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<p><strong>Texte par une participante anonyme. Un périple entre père et fils, où se mêlent beauté et mélancolie. Avec les étoiles pour seules guides&#8230; Un texte plein d&rsquo;émotions, qui serre le coeur autant qu&rsquo;il redonne espoir.</strong></p>



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<div style="height:27px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>« Es-tu quelque part là-haut ? »</em></p>



<p>La question lui brûlait les lèvres. Le marin les pinça plus fort, préférant se perdre dans la<br>contemplation de la toile nocturne plutôt qu’affronter son chagrin. Ce soir, le ciel s’étalait jusqu’à<br>l’horizon comme l’oeuvre picturale d’un géant, sorti du néant à grands coups de pinceaux maladroits. Du bleu, du noir, du rose, là où les derniers rayons du soleil réchauffaient encore la nuit naissante. Et,<br>semées sur la toile, les étoiles, accrochées là comme des gouttelettes blanches tombées du pinceau.<br>Sans s’en apercevoir, le marin cherchait l’étoile la plus brillante. Ce n’était ni la nuit la plus jolie à<br>laquelle il avait pu assister, mais de loin la plus pesante. À moins que la cause de la boule qui lui nouait<br>la gorge fut sa solitude ?</p>



<p>Pourtant, il n’était pas seul. Minuscule sous la couverture de laine, recroquevillé sur le rocher où<br>ils s’étaient arrêtés près du lac, le petit garçon le fixait de ses grands yeux bruns. Très larges sur son<br>visage tout en rondeur, ils trahissaient la tempête qui faisait rage derrière son front trop haut. Le même<br>que celui de son père, que celui-ci dissimulait sous la casquette qu’il enfonçait jusqu’aux oreilles et ses<br>cheveux sombres. Quelque chose dans l’intensité du regard de l’enfant mit le marin mal à l’aise : il<br>gratta sa joue rendue rugueuse par sa barbe naissante. À quand remontait sa dernière toilette ? Son<br>dernier repas – pas ces écoeurantes conserves de haricots qui alourdissaient son sac de toile, non, un<br>véritable repas, qui tient au corps et réchauffe le ventre ? Il ne savait plus.</p>



<p>« Est-ce qu’elle est là-bas ? »</p>



<p>L’enfant le fixait sans ciller et attendait une réponse. Le marin vit sa tristesse derrière la tempête.<br>Il s’agenouilla devant lui, tapota le haut de son crâne d’un geste bourru. Peu habitué à prodiguer de<br>l’affection. Surtout depuis qu’elle n’était plus là.</p>



<p>« Non, bonhomme », répondit-il d’une voix plus rauque qu’il ne l’aurait voulu. « C’est plus que toi<br>et moi, maintenant. »</p>



<p>Le petit garçon hocha gravement la tête comme s’il comprenait l’ampleur de cette déclaration.<br>Puis il se tourna vers le lac, frissonna en contemplant la vaste étendue d’eau noire, dense, qui semblait<br>engloutir la lumière sans plus la laisser s’échapper. En plissant les yeux, peut-être pouvait-il croire<br>distinguer les contours d’une île lointaine. Un havre de paix, loin de la douleur, de la violence et des<br>larmes.</p>



<p>Encore quelques heures, et ils auraient atteint leur destination, malgré la fatigue qui leur sciait les<br>jambes et le chagrin comme fardeau. Le marin tapota une nouvelle fois la tête du garçon. Jamais<br>l’enfant n’avait demandé pourquoi ils étaient partis. Et quelque part, le marin était soulagé de ne pas<br>avoir à lui expliquer. Pourtant loin d’avoir l’âme d’un poète, il rechignait à salir l’innocence du garçon<br>en lui décrivant l’horreur du monde. Cela le rattraperait bien assez tôt.</p>



<p>Alors il se releva, traîna la barque vers la rive, comme les forçats traînent leurs fers. Le bateau<br>traça de profonds sillons dans la vase, le marin espérait que personne n’y prêterait attention ou<br>n’aurait l’idée de se lancer à leur poursuite. Comme s’il percevait son inquiétude, le garçon trempa le<br>bout des doigts dans l’eau et la retira aussitôt :</p>



<p>« C’est tout glacé ! »</p>



<p><em>Oui</em>, songea le marin avec un dernier regard derrière lui, là où commençait la plaine, rougie par<br>les massacres, noircie par les cendres. <em>Nous serons en sécurité, là-bas.</em></p>



<p>Il souleva le garçon sans effort et poussa la barque jusqu’à ce que sa coque effleure la surface de<br>l’eau. Il s’y hissa à son tour, empoigna les rames, et commença à ramer.</p>



<p>D’imperceptibles ridules naissaient dans le sillage de la frêle embarcation, très vite avalées par<br>l’obscurité. Seule la lumière de la lune guidait le marin, s’accrochait à ses cils perlés de larmes ou de<br>sueur. Il baissait le visage pour éviter que l’enfant ne soit témoin de sa faiblesse, jusqu’à ce que celui-ci<br>ôte délicatement sa casquette et effleure sa joue humide. La gorge nouée, le marin resta silencieux.</p>



<p>« Sois pas triste, P’pa. Regarde comme c’est tout joli ! »</p>



<p>Le marin suivit des yeux le doigts que levait son fils vers les étoiles. Il étouffa un sanglot en<br>repérant enfin celle qu’il avait longtemps cherchée, scintillante comme un soleil, quelque part entre<br>l’infini du ciel et l’horizon. Celle qu’il avait souvent admirée les nuits d’été, étendu dans le petit jardin<br>derrière leur maison. Il se rappelait de tout. La fraîcheur de l’herbe grasse dans son dos, la chaleur de<br>son bras contre le sien, et le parfum enivrant de ses cheveux roux. L’étoile chassait les cris, les images,<br>les regrets. Le marin déposa sa casquette sur la tête de son fils. Trop grand, le couvre-chef lui masqua<br>les yeux et il ne vit que son grand sourire.</p>



<p><em>Oui, tout irait bien.</em></p>



<p>Et le bateau poursuivit sa route, glissant sereinement sur le lac argenté par la lune vers les<br>terres noires qui s’étendaient devant eux, là-bas.</p>
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